Revue Du Liban
« La Revue du Liban » : lundi 30 mars 2009
Célébration officielle de la
Journée internationale de la francophonie
Abdou Diouf: “Le Liban est au cœur de la francophonie”
A l’occasion de la célébration officielle de la XXIème Journée Internationale de la francophonie et du lancement des VIèmes Jeux de la francophonie, le secrétaire général de la francophonie, Abdou Diouf a donné une conférence sur le thème: “Francophonie: choix culturel, engagement politique”, en présence d’un public nombreux et varié. Cette conférence qui s’est déroulée en présence du Dr Khalil Karam, représentant du chef de l’Etat libanais au conseil permanent de la francophonie; de M. Alain Joyandet, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes et de M. Tammam Salam, ministre de la Culture.
Tout en exprimant sa grande émotion d’être présent au Liban, M. Diouf a exprimé avec force la solidarité de la francophonie envers le Liban et lui a témoigné sa confiance “en un avenir de paix, de stabilité, de prospérité et au potentiel dont le Liban dispose, lui permettant d’étendre le réseau de la francophonie en direction du monde arabe”. M. Diouf s’est engagé “à soutenir les médias francophones libanais dans son programme d’action, notamment ceux de la presse écrite.
“Les Libanais, dit-il, offrent beaucoup d’enseignements à tirer pour le présent et d’espoirs à nourrir pour l’avenir”.
Dans un message aux Libanais, M. Diouf a salué “ce peuple acharné dans sa quête de la vérité et son refus de l’impunité dans une atmosphère de dialogue politique, de réconciliation nationale et dans la croyance au rétablissement d’une vie publique pluraliste et démocratique”. Le tout inscrit dans cette perspective qui veut que le “Liban recouvre sa stabilité et sa prospérité” et que “sa souveraineté, son indépendance et son intégrité soient respectées”. Selon lui, “les Libanais présentent un modèle à tous ceux qui sont francophones et à travers leur Histoire, leurs choix et leurs engagements, ils offrent beaucoup d’enseignements à tirer pour le présent et d’espoirs à nourrir pour l’avenir”.
La vocation de la francophonie: proposer un certain nombre de choix
Le secrétaire général a, par ailleurs, défini la francophonie par ses engagements et ses choix tout en soulignant “qu’être francophone c’est, aussi, partager un projet de société à l’échelle du monde. La francophonie, poursuit-il, est un laboratoire de la diversité du monde, dont la vocation est de proposer une certaine vision de l’homme et du monde et un certain nombre de choix. Des choix qui seraient le multilatéralisme contre l’hégémonie, la solidarité et la coopération contre l’égoïsme et l’indifférence, la concertation et le dialogue contre l’impérialisme conceptuel et le respect de la diversité culturelle contre la standardisation culturelle”.
M. Diouf a précisé que “ces choix et engagements politiques de la francophonie ne prendront leur sens et leur valeur que s’ils contribuent à lutter contre la pauvreté, les pandémies, l’analphabétisme, les violations des droits et des libertés, les crises et les conflits; s’ils contribuent à éviter le choc des civilisations et à élaborer l’architecture d’une nouvelle gouvernance mondiale”. Il a noté que “le processus d’action induit par cet engagement, fait face à la modestie des moyens de l’organisation, vu son incapacité à être présente partout.”
... et ses objectifs...
M. Diouf a, également, évoqué les objectifs de la francophonie, dont principalement la “nécessité de porter autant d’attention à la prévention des conflits qu’à leur solution, de démontrer aussi qu’il ne faut jamais pousser son ennemi au désespoir, ce qui fait le jeu des extrémismes et des fanatismes”. Et de rappeler que “toutes les misères méritent d’être soulagées”, d’autant plus que “tous les conflits méritent d’être résolus et que les violations du droit méritent d’être réprimées”. Cela dit, la francophonie doit donner les moyens à ceux qui ont été trop longtemps empêchés de faire entendre leur voix et leurs intérêts et de répercuter son message de diversité et d’altérité, gages d’un enrichissement mutuel et de progrès, parce que toutes les cultures naissent de la rencontre et du mélange et que c’est du repli et de l’isolement que meurent les civilisations.
Célébration au palais de l’UNESCO
Suite à la causerie qui a été donnée à l’USJ, le secrétaire général de l’OIF a gagné le Palais de l’Unesco qui a regorgé d’éminentes personnalités, dont le ministre français M. Alain Joyandet, les ministres Tammam Salam et Tarek Mitri, le député Nabil de Freige, le Dr Khalil Karam, les ambassadeurs de France, de Suisse, de Belgique, de Roumanie, de Turquie, d’Egypte et du Maroc.
Les allocutions et festivités ont été animées par Patrick Simonin, de la chaîne TV5 Monde. Le Dr Karam, premier à prendre la parole, a affirmé que “la pluralité, particulièrement prônée par le président Sleiman au cours de sa dernière visite en France requiert pour nous, en tant que Libanais une valeur existentielle, le Liban ayant opté pour une francophonie plurielle”. M. Tammam Salam, ministre de la Culture, a souligné, à son tour, que “la francophonie apparaît aujourd’hui comme un facteur de lien face à tous les facteurs de division et d’inégalité permettant de défendre nos valeurs et nos droits”. M. Abdou Diouf a mis l’accent sur l’idée que “le Liban est inscrit au rang de nos priorités, de nos engagements et reste pour la francophonie le symbole vivant et créatif de ce dialogue entre les cultures et les religions”.
Il a insisté sur la place du Liban dans le cœur de la francophonie et l’importance du pays du Cèdre en ce qui concerne l’expansion de la langue française dans la région, dédiant, par ailleurs, cette célébration à la jeunesse libanaise et aux personnes qui ont offert “un avant-goût de leur talent”.



Al Balad
